La Beurgeoisie

Le seul combat perdu d’avance, est celui qu’on ne livre pas.

Du «Black, Blanc, Beur» au «Bimbo, Bling, Bling»

Que de changements ! L’équipe de France a vraiment évolué depuis l’époque «bénie» de 1998 et le sacre de l’expression «black-blanc-beur». On ne l’a plus entendu depuis.

Il faut dire que l’euphorie n’aura pas duré longtemps, quelques mois tout au plus. Et les années suivantes verront l’inexorable descente aux enfers d’une équipe qui ne représentera plus rien, si ce n’est l’argent, le pouvoir ou même la prostitution.

On pouvait entrevoir le début d’une déchéance lors du mondial 2002 au Japon et Corée du sud : élimination directe de la France avant les 8ème de finale. Un coup dur, mais pas aussi violent que le fameux «coup de boule» de Zidane lors du Mondial 2006 en Allemagne ! Tout un symbole. Mais l’équipe de France ne s’arrêtera pas en si «bon chemin». En effet, le paroxysme du ridicule sera atteint 4 années plus tard, lors du Mondial 2010 en Afrique du sud, et voici pourquoi.

Altercation en public, refus de s’entraîner pour protester contre l’exclusion d’un joueur, démission d’un dirigeant…autant d’événements qui ont rythmé ce Mondial 2010 en lieu et place des exploits sportifs attendus par beaucoup. Le public était face à une bande d’enfants gâtés laissés libres de leur bêtise par une hiérarchie défaillante. Le pire a été l’attitude de l’état Français face à ces événements. On se souvient bien des remarques de la ministre des sports d’alors, Madame Bachelot, pour qui Thuram était un bon élève et les autres joueurs des «caïds».

Quelle belle image de la France laissée au monde entier. Une élimination avant les 8ème de finale (encore…) et la coupe du monde du ridicule pour une équipe qui ne représentait plus rien si ce n’est le sport «show-business» et l’égocentrisme exacerbé. Le football est avant tout un sport collectif, mais cette fois les joueurs ont fait collectivement la même erreur : se la jouer solo. Ils ont complètement oublié que leur équipe ne se limitait pas aux autres joueurs et au staff, mais à la France toute entière. Ils ont été trahi par leurs vies faciles, et, un peu plus tard, par leurs filles faciles.

En effet, entre 2010 et 2011, l’affaire Zahia éclatera au grand jour avec la découverte des petites moeurs de joueurs comme Benzema ou Ribéry, mis en examen pour sollicitation de prostituée mineure. Nous sommes bien loin de 98, ses victoires, ses espoirs et ses idéaux : le «Black, Blanc, Beur» s’était malheureusement mué en «Bimbo, Bling, Bling». Au fil des années nous avons assisté à la transformation d’un symbole en un ras-le-bol. Des rémunérations et des comportements totalement décorrelés de la performance, une vie privée décadente qui prend le dessus sur le sport et le professionnalisme nécessaire à des joueurs qui représentent beaucoup.

Il est intéressant de voir le décalage qui s’opère entre les valeurs que le sport est censé véhiculer, et la réalité. Ce n’est plus le partage, le courage, la performance ou le dépassement de soi qui sont à l’honneur mais l’égoïsme, la lâcheté, la médiocrité et la prétention. Ce décalage est également vrai entre les revenus des joueurs et leur activité. Est-on sûr que c’est bien la Marseillaise qui est parfois sifflée au début des matchs, ou le système foot ? L’exemplarité d’une équipe nationale est une notion importante à la fois sur le plan intérieur et international. Il est normal de voir une équipe détestée par ses adversaires mais aberrant de la voir se faire molester par ses propres supporters. Sauf, peut-être, lorsqu’elle ne représente plus qu’une juxtaposition d’une poignée de privilégiés se moquant totalement des valeurs fondamentales du sport et ne respectant plus les supporters.

Que nous réserve cette équipe pour les années à venir ? Je me le demande…le mondial 2014 aura lieu au Brésil et sera un challenge formidable. C’est là l’occasion rêvée de montrer au monde un nouveau visage de l’équipe de France…

Photo by  Manu Foissotte

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