La Beurgeoisie

Le seul combat perdu d’avance, est celui qu’on ne livre pas.

Pourquoi il ne vaut mieux pas créer sa boite en France

Petit rappel :

  • Un salarié échange son temps contre de l’argent. Il passe un temps à peu près équivalent chaque mois dans l’entreprise, reçoit sa paye et c’est tout. Il dépense ensuite l’argent gagné et le cycle se répète l’obligeant à sans cesse échanger son temps pour de l’argent.
  • Un entrepreneur utilise son temps de sorte qu’il pourra tirer les bénéfices de ses efforts d’aujourd’hui dans plusieurs années. L’entrepreneur sait que le temps est son bien le plus précieux alors il ne l’échange pas pour de l’argent. Au lieu de cela, il dépense son temps sur des stratégies qui une fois en place, lui rapporteront de l’argent sans qu’il y passe plus de temps.

On voit bien que dans les deux cas, le risque n’est pas le même. Au début, le salarié épargne alors que l’entrepreneur fait un pari sur l’avenir et s’endette. En France, plusieurs raisons font que l’entrepreneur est une espèce en voie de disparition. Voici pourquoi vous ne voulez pas créer votre start-up en France :

N’essayez pas de créer une start up, – il est beaucoup plus raisonnable de continuer ou d’entamer une carrière de cadre dans un grand groupe (ou dans la Fonction Publique), – vous travaillerez moins, gagnerez beaucoup plus les premières années, aurez une excellente couverture sociale, et profiterez infiniment plus de votre famille et amis (semaine de 35h, ou pour certains 50h, contre les 80/+ heures du créateur de start-up), en évitant (ou du moins en ayant la logistique pour assumer) une longue série d’obstacles administratifs, fiscaux, sociaux, culturels, techniques etc.

Si vous souhaitez néanmoins « vous lancer » (l’entrepreunariat est une vocation, pas un calcul rationnel), – et en particulier si votre idée est une « innovation radicale » qui par exemple améliore les processus de travail au sein des entreprises, alors émigrez aux USA, Singapour, UK, ou – à la rigueur – en Suisse ou dans les pays nordiques.

Oui, il y a l’absence en Europe de « business angels » (100 fois moins en France qu’aux USA), les lourdeurs administrativo-fiscales, et un Continent restant hyper-fragmenté en pays aux réactions d’achats très nationalistes (ou pro-US), mais surtout les Européens en Europe Continentale sont très frileux (peur de tout changement qui pourrait affecter leur job actuel) et ont – globalement – tendance à toujours voir le verre comme étant moitié vide.

Ailleurs, il existe un enthousiasme réel pour ce qui est radicalement innovant, une envie de prendre un risque calculé (en sachant que l’échec est une possibilité à accepter). Réussir à lancer une idée radicale en Europe (pas un énième « service de proximité » ou copie d’un succès étranger, – il y a start up et start up, et les statistiques d’Etat se complaisent à mélanger les genres) tient du miracle statistique. Il vaut statistiquement beaucoup mieux garder votre job actuel et jouer toutes les semaines au Loto !

Vous en voulez la preuve? D’après le Bruegel Institute Bruxelles (Jan.2008 « Financing Europe’s fast movers » by Thomas Philippon et Nicolas Véron, 8p.), une start up qui réussit en France voit son chiffre d’affaires après 7 années être multiplié par 4 seulement (ce qui est vraiment ridicule vu les risques pris et les éfforts fournis par l’entrepreneur et son équipe), contre 63 fois aux USA et 35 fois en UK.

D’après une autre étude du Bruegel Institute (July 2008 « The demographics of Global Corporate Champions » by Nicolas véron, 25p.), seuls 3 groupes en Europe ont été créé après 1976 qui – partis de zéro  – ont rejoint le Top 500 des plus gros groupes mondiaux (BskyB et Vodafone en UK, Renewable Energy Corp en Norvège), – et donc aucun en Europe Continentale, AUCUN, zéro, nada, rien pour tout un Continent de 495M d’habitants (!!!) … contre 25 aux USA avec ses 305M d’habitants.

Vous voulez la liste de ces 25 « jeune géants » ?

Apple, Genentech, Unitedhealth, Oracle, Home Depot, Boston Scientific, EMC, Emgen, Time Warner Cable, DirectTV, Adobe, Costco, Cisco, Dell, Qualcomm, XTO Energy, Celgene, Weatherford, Gilead Sciences, Capital One, Garmin, Amazon, Yahoo, eBay, Google.

On notera que 17 des 25 ont un très fort contenu technologique et sont créateurs d’emplois à forte valeur ajoutée. Par ailleurs, le nombre de cadres-clés qui ne sont pas « WASP » aux USA est impressionnant (on estime que plus de 50% des start ups californiennes sont créés par des personnes d’origine asiatique). Il y a d’ailleurs beaucoup d’européens, et en particulier des français « attirés par le climat ».

Et vous trouvez cela SURPRENANT ?

Moi, non.

Photo by fromeyetopixel

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8 comments

8 Comments so far

  1. SHIRIN mai 30th, 2011 14:44

    ça fait plasir de vous lire à nouveau! ça faisait un bail!

  2. SHIRIN mai 30th, 2011 14:46

    toujours aussi direct et caustique! vous avez bien raison…

  3. Beurgeois mai 30th, 2011 14:48

    Merci !

    J’avais d’autres projets en cours mais je vais désormais développer ce blog :)

  4. Beurgeois mai 30th, 2011 14:49

    Et oui ! Et il y a beaucoup d’actualités à commenter…stay tuned!

  5. Catherine juillet 12th, 2011 16:23

    Comme c’est bien vu et bien dit!! Merci l’ami!

  6. Éric NIAKISSA juillet 13th, 2011 17:06

    Article très intéressant sur l’entrepreneuriat :-)

  7. JS août 7th, 2011 10:59

    Lol à mourir de rire l’article..comme vous le dite le seul but d’un entrepreneur et de s’enrichir sur le dos des autres..normal qu’un pays voulant un minimum de partages des richesses ne les aide pas plus que çà (je suis moi-même entrepreneur en passant)

  8. joan easpices-safran novembre 4th, 2011 18:46

    Salut,

    Bravo pour l’article, explication très pertinente…En europe continentale on a moins le goût du risque qu’aux états-unis, et ce qui fait que la majorité des gens préférent rester des salariés toute leur vie.

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